Comment le Muséum d'Histoire naturelle de Genève lutte contre la vrillette du pain

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Comment le Muséum d'Histoire naturelle de Genève lutte contre la vrillette du pain

La vrillette du pain est un petit coléoptère qui se nourrit de plumes, poils ou autres matières organiques: les galeries et vitrines d'un musée d'histoire naturelle constituent donc un véritable garde-manger. "On a des pièges à insectes qui permettent de voir si l'infestation est encore en cours", explique dans le 19h30 Delphine Rubin, conservatrice en charge de la désinfestation. Depuis septembre 2025, date du premier signalement du ravageur, l'alerte maximale est déclarée. "Ce qui a dû se passer, c'est qu'à un moment donné, un ou plusieurs insectes sont entrés et ont pondu. Les conditions sont idéales avec des galeries chaudes et sombres", relève Alice Cibois, conservatrice en cheffe au Muséum d'histoire naturelle de Genève. >> A lire aussi : Le Muséum d'histoire naturelle de Genève lutte contre un insecte ravageur Le Muséum a mis en place tout un processus pour se débarrasser de ce nuisible. Ainsi près d'un millier d’animaux naturalisés sont amenés dans un local sécurisé et situé en dehors de l'institution. Dans ce lieu tenu secret, les taxidermistes tentent de neutraliser ce petit insecte sans endommager les pièces. La méthode retenue: l'anoxie. Dès février, une bulle géante en plastique étanche sera dressée et thermosoudée. Durant cinq semaines, l'oxygène y sera totalement chassé pour asphyxier les vrillettes. "On a des collections tout à fait uniques à l'échelle internationale et elles requièrent toute notre attention", rappelle Nelly Cauliez, conseillère en conservation du patrimoine pour la Ville de Genève. Une telle opération de désinfestation est inédite à Genève et coûtera 30 millions de francs. Tout le personnel est mobilisé car le risque est la disparition des animaux empaillés. "Ça, c'est une trace de l'infestation. Je ne vais pas le faire, mais si je secouais, il y aurait beaucoup de plumes en train de tomber", montre Delphine Rubin. Si les réserves et deux étages du musée sont plus ou moins touchés, celui de la faune suisse est par contre très atteint. Il faut donc tout vider, mais avec soin. Certaines vitrines n'ont pas été ouvertes depuis les années 1960. Le musée rouvrira partiellement en 2028, complètement en 2036. Tout est fait pour limiter le risque à l'avenir. "Nos vitrines ne seront plus du tout appétissantes. Cela peut être grâce à des techniques chimiques pour rendre les matériaux immangeables par les insectes", indique encore Alice Cibois. En espérant que les grosses bêtes n'aient plus à craindre les petites. Suivez l’actualité en continu sur notre application RTS

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