Malgré une première avancée dans leurs revendications, les lycéens de Pierre-et-Marie-Curie ont de nouveau bloqué leur établissement, ce jeudi 5 novembre . Mais cette journée de mobilisation nationale a pris une tournure particulièrement tendue à Menton . Alors que les manifestations organisées dans les autres grandes villes du département se sont déroulées dans le calme, des affrontements ont éclaté devant le lycée. Environ 200 élèves se sont rassemblés dès le début de la matinée pour bloquer l’accès à l’établissement. Une mobilisation qui intervient pourtant deux jours après la mise à disposition de six toilettes de chantier par la Région et le lancement des travaux de réparation des sanitaires , inutilisables depuis plusieurs mois. Peu avant 9 heures, la situation dégénère . Des mortiers d’artifice sont tirés en direction des forces de l’ordre, qui essuient également des jets de pierres . Une vingtaine de policiers du commissariat de Menton et de la brigade anticriminalité (BAC) de Nice font alors usage de gaz lacrymogènes pour disperser le rassemblement. Repoussés vers le rond-point de l’avenue Cernuschi, les lycéens entraînent l’interruption de la circulation . À 10h35, la maire de Menton, Alexandra Masson, arrive sur place sous les slogans hostiles , dont « À mort le Rassemblement national » . L’ école maternelle Robert-Debré , située à proximité, est également touchée par les gaz lacrymogènes. Vers 11h30, après un nouvel avertissement du commissaire Yannick Dupin , qui dirige les opérations, les policiers avancent à nouveau. La plupart des élèves se dispersent et la circulation reprend. Un policier est légèrement blessé et un lycéen interpellé . Ce dernier est soupçonné d’avoir lancé des projectiles et insulté les forces de l’ordre. Pour Alexandra Masson , la mobilisation a perdu sa légitimité. La maire de Menton était sur place ce jeudi aux côtés des forces de l’ordre. « Dans un premier temps, ces manifestations répondaient à des revendications légitimes. J’ai reçu plusieurs élèves qui exprimaient notamment leur mécontentement concernant les toilettes, qui étaient alors inexistantes. Depuis deux jours maintenant, des sanitaires sont mis à leur disposition. Ce matin, les revendications ne sont donc plus fondées » , estime la maire. L’élue dénonce désormais la présence de « casseurs » , venus selon elle « semer le désordre, agresser la police nationale et la police municipale, et empêcher les lycéens d’accéder à leur établissement » . Une version contestée par Tom, responsable fédéral du syndicat étudiant USL et lycéen à Pierre-et-Marie-Curie . Il estime que la mobilisation de jeudi dépassait le simple blocage : « Les élèves pouvaient tout à fait accéder à l’établissement. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés sans raison, selon nous . Honnêtement, nous étions déjà en train de nous disperser aux alentours de 9 heures, peut-être même un peu avant. Nous avons été repoussés et avons dû descendre toute l’allée. » Si les toilettes provisoires ont été installées et les travaux engagés, le représentant syndical affirme que le proviseur aurait menacé de retirer les sanitaires de chantier . Une situation qui pourrait relancer la mobilisation. « Certaines revendications ont été prises en compte, mais la plus importante reste évidemment celle concernant les toilettes. […] Nous allons donc probablement continuer à nous mobiliser » , prévient-il. De son côté, le commissaire Yannick Dupin réfute les accusations concernant l’usage des gaz lacrymogènes. « Les forces de l’ordre ont été visées par plusieurs tirs de mortiers d’artifice de gros calibre, dirigés dans leur direction. Nous avons ensuite essuyé de nombreux jets de projectiles, notamment des pierres, qui ont atteint nos positions. » Il assure que la réponse policière a été « proportionnée » , précisant que certains individus continuaient à lancer des projectiles malgré les premières interventions. « Nous avons donc dû procéder à plusieurs usages de gaz lacrymogènes pour parvenir
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