C’est l’une des principales revendications relayées par la grève et les manifestations qui ont eu lieu partout en France, jeudi 5 novembre. L’augmentation des salaires, et principalement celle du smic, revient en boucle sur les pancartes et dans la bouche des syndicats et des élus de gauche venus en soutien au mouvement social. Une « conférence sociale » sur ce thème ainsi que sur le pouvoir d’achat est prévue autour du Premier ministre, lundi . Avant cette nouvelle journée de mobilisation et alors que le gouvernement peine à répondre à la grogne sociale qui s’est généralisée au mois d’octobre, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, avait indiqué mardi que l’hypothèse d’une hausse du smic n’était « pas taboue ». Vendredi matin, il a même expliqué sur TF1 que « l’idée est la barre des 1 500 euros nets ». Pour l’heure, le salaire minimal mensuel est fixé à 1478 euros. « Peut-on franchir cette barre ? C’est important », juge l’ancien PDG de la SNCF, qui plaide pour arriver, à l’issue des négociations, à une « convergence qui permette d’augmenter le smic, les minima de branches et les salaires sans affecter l’emploi ». L’exécutif est aussi favorable à ce que la revalorisation automatique du Smic par rapport à l’inflation s’effectue dès le 1 er décembre et non au 1 er janvier. « Cela prouverait qu’on agit », pense-t-il. Jean-Pierre Farandou précise tout de même : sur le montant du smic, « le coup de pouce n’est pas acquis à ce stade, rien n’est acquis. On discute. » En face, les syndicats martèlent des objectifs beaucoup plus ambitieux . La CGT plaide pour une augmentation de 10 %, qui porterait le montant net du salaire minimum à un peu plus de 1 624 euros par mois. Elle soutient aussi l’augmentation des pensions de retraite et du point d’indice des fonctionnaires. A lire aussi : Croissance, dette : la France perd pied Cet objectif de 10 % est repris par plusieurs élus de gauche dont le coordinateur général de LFI, Manuel Bompard. « J’entends que le gouvernement pourrait augmenter le smic de 0,5 % , c’est-à-dire de 7 ou 8 euros par mois… Si c’est ça la réponse à l’exaspération sociale que connaît notre pays, c’est totalement à côté de la plaque », a-t-il assené vendredi matin sur Franceinfo avant que Jean-Pierre Farandou n’évoque les 1 500 euros nets mensuels. « C’est une augmentation de 22 euros, ça ne lui fait même pas son repas du midi, s’indigne sur son compte X François Ruffin, transfuge mélenchoniste et lui aussi candidat à la présidentielle (il conditionne son retrait au fait qu’une solution « se dégage pour battre Marine Le Pen »). J’aimerais que ces gens-là passent un mois au smic. » Son programme, comme ceux de Jean-Luc Mélenchon et de Raphaël Glucksmann, seuls à dépasser dans les sondages les 10 % d’intentions de vote à gauche, prévoit de porter le smic à 1 700 euros nets par mois. La CFDT, de son côté, plaide pour une augmentation de 100 euros nets mensuels, soit une hausse d’environ 6,8 %. « Il faut que le gouvernement entende enfin qu’il y a un vrai sujet sur le pouvoir d’achat, a soutenu sur RTL vendredi matin la secrétaire générale du syndicat, Marylise Léon. Aujourd’hui, quand vous travaillez à temps plein et que vous gagnez le Smic, vous avez de plus en plus de mal à boucler les fins de mois . » A droite, Edouard Philippe et Bruno Retailleau ne sont pas favorables à l’augmentation du smic. « On est dans une situation trop fragile pour imposer cela aux entreprises de manière autoritaire », a estimé de son côté Marine Le Pen, jeudi, jugeant que cela reviendrait à « entrer dans l’URSS ». Gabriel Attal, lui, propose de réduire les charges salariales pour rapprocher le montant net du salaire brut.
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