Toute l'actualité de votre région en continu sur notre application Invité du festival Lettres du monde, l’incontournable écrivain irlandais Colum McCann évoque son parcours, les idées humanistes qui guident sa vie et tissent son œuvre, ainsi que son nouveau roman, « Ce qui nous frôle sous la surface » P our Colum McCann , l’aptitude à vivre ensemble, à se réconcilier, naît du partage d’histoires, de la mise en récit de nos existences. Cette conviction habite ses romans et nouvelles, où il nous entraîne à la rencontre des autres dans toute leur complexité, leur richesse – jusqu’à nous guider vers les fonds sous-marins dans son nouveau roman… Vous êtes né à Dublin, en Irlande, et vous vivez désormais à New York… Pourquoi ce choix ? Je ne sais pas si on a toujours la possibilité de faire des choix. Parfois, ce sont les choix qui nous choisissent. J’adore Dublin, mais je n’ai jamais voulu y vivre. Et New York est une ville tellement fabuleuse. Je viens justement d’écrire à ce sujet… C’est un immense mystère pour moi – comme pour la plupart des New-Yorkais – de comprendre comment cette ville laide et charmante est devenue ma charmante ville laide... Vous êtes né à Dublin, en Irlande, et vous vivez désormais à New York… Pourquoi ce choix ? Je ne sais pas si on a toujours la possibilité de faire des choix. Parfois, ce sont les choix qui nous choisissent. J’adore Dublin, mais je n’ai jamais voulu y vivre. Et New York est une ville tellement fabuleuse. Je viens justement d’écrire à ce sujet… C’est un immense mystère pour moi – comme pour la plupart des New-Yorkais – de comprendre comment cette ville laide et charmante est devenue ma charmante ville laide, ce magnifique tas d’ordures, grossier et bruyant, gris et anarchique, impitoyable et brut, mercenaire, narcissique, égoïste et contradictoire. Mais c’est ma ville maintenant, et ça le restera toujours… Journaliste, vous êtes aussi devenu écrivain dans les années 1990… Ce sont à mes yeux des métiers similaires. C’est en tant que journaliste que j’ai appris mon métier. Et j’ai un immense respect pour les journalistes. C’est l’un des métiers les plus difficiles au monde à l’heure actuelle. Et l’un des plus dangereux. Mais aussi l’un des plus importants. Je ne souscris pas à l’idée que l’auteur de fiction soit supérieur au journaliste. Il m’arrive parfois de rencontrer des journalistes qui me disent : « Oh, je ne suis qu’un simple journaliste » mais, à mes yeux, ils sont tout aussi importants qu’un romancier, un poète ou un dramaturge. Quelle est cette « maladie de la certitude » que vous évoquez souvent ? Je pense que nous vivons à une époque où nous sommes accros aux absolus. Et on est de plus en plus obligé d’être ceci ou bien cela. On est noir ou on est blanc. On est républicain ou démocrate. On est de gauche ou de droite. Mais la vérité, c’est que nous sommes bien plus qu’une seule chose. Nous ne devrions pas être confinés dans des canaux façonnés par l’homme. Je pense que nous devrions vivre dans les plaines inondables entre les canaux de la certitude. Que représente pour vous l’association Narrative 4, que vous avez cofondée en 2012 ? Narrative 4 est, à mes yeux, l’une des organisations les plus indispensables à notre &ea
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