Débit à la mitraillette, cols roulés et mocassins sans chaussettes… Baptiste Detombe, Héraultais de 26 ans, tisse sa toile médiatique et publie un livre qui dénonce "un péril civilisationnel". L’homme a perdu la boussole, assure ce récent converti au catholicisme dont le discours plaît dans les cercles de droite. On pourrait dire, en allant trop vite, que l’essayiste Baptiste Detombe s’est trompé d’époque. Ce jeune Héraultais de 26 ans – devenu Parisien – a des faux airs du Hibernatus d’Edouard Molinaro, de Marty McFly de Retour vers le futur et du cistercien à cheval sur la discipline monastique. Sur le mode : c’était mieux avant. "Mon appétit de connaissance et de savoir vient d’une volonté de contrôle, d’une peur de ce monde, de l’idée anti-moderne d’une Simone Weil ", lâche-t-il en guise de CV psychologique. Après avoir passé son adolescence à Clapiers, aux portes de Montpellier, avoir fréquenté le lycée Frédéric-Bazille, il est parti pour Bordeaux après le bac. Un diplôme de Sciences Po et deux masters à la Sorbonne en poche plus loin, en passant par la création du média étudiant Gavroche, il est aujourd’hui fonctionnaire à l’Assemblée nationale. Et déjà auteur de trois ouvrages ! J’ai voulu décrire comment notre monde aboutissait à un désert. Après Le réveil de l’État nation et L’homme démantelé , il vient de publier La révolution affective – Quand le numérique détruit le lien , chez Albin Michel. "J’ai voulu décrire comment notre monde aboutissait à un désert. Notre époque technologique produit une obsolescence programmée de nos relations, un peu comme pour les machines à laver et les téléphones ". Son leitmotiv, tiré du livre : Notre monde a été pris en otage – avec notre complicité – par toute l’industrie de la Tech . Il raille un univers étriqué, shooté aux antidépresseurs, aux réseaux sociaux, aux foules numériques artificiellement sentimentales. Il voit la Tech comme " un pompier-pyromane " qui a créé " l’écosystème de notre incendie relationnel" pour mieux " prendre ensuite des lances à incendie et arroser le feu à coups de sites de rencontre, de psychologues virtuels, de sexe tarifé en ligne, d’influenceurs ". Et "dernier ersatz en date ", selon lui, "l’IA relationnelle qui remplace nos besoins affectifs, relationnels, sexuels et érotiques" . Mais face à "ce péril civilisationnel ", le cistercien Detombe veut croire à un réveil salutaire, celui "du besoin véritable de la nature humaine ", le lien. Dans son livre, il cite une "leçon de Stendhal, l’homme est comme le lierre, s’il ne s’attache, il meurt" . La vraie frustration de se dire que parfois je ne dédie qu’une demi-heure à la pensée. Biberonné à la lecture depuis l’enfance, il s’est même souvent " forcé à lire parce que j’avais besoin de creuser par discipline individuelle, avec des livres difficiles d’accès mais pour lesquels une phrase ou une page peuvent être déterminantes ". Moine flagellé, qui sait, dans une autre vie, l’essayiste tente de concilier sa vie de "Parisien affairé" et "la vraie frustration de se dire que parfois je ne dédie qu’une demi-heure à la pensée ", dans le métro, pour o
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